Menu Content/Inhalt
Accueil arrow Qui Sommes Nous arrow Contribution d'Assoal et du RNHC/A2DL à la révision du DSRP
Contribution d'Assoal et du RNHC/A2DL à la révision du DSRP Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Assoal   
27-02-2007

ASSOAL, le RNHC et A2DL proposent de mettre la gouvernance tri articulée, la décentralisation, et le développement local au service du développement social durable.

Ces propositions sont tirées de trois analyses soutenues par le Réseau National des Habitants (RNHC) et Alternatives dettes et Développement Local (A2DL), avec l’idée d’examiner dans quelle mesure le DSRP peut représenter des opportunités favorables à un dialogue renouvelé entre acteurs des politiques publiques :

1- Une prise en compte approfondie de la pauvreté et des inégalités dans le DSRP II en partant de l’évaluation et de l’audit des programmes et projets du DSRP « 1 »;

L’examen du processus de participation, du point de vue de ses composantes et enjeux a été  insuffisamment traité dans le DSRP « I » et soulève des  questionnements en termes de légitimité, compétences et capacités, mais avant tout notons les remarques suivantes :

  • Questions de légitimité : que dire de la représentation qu’ont la plupart des ONG sans base sociale, simplement qu’elles ont des compétences techniques qui fondent leur légitimité d’interlocuteurs pertinents et que c’est à ce titre qu’elles prennent part aux discussions, tandis que nombre d’organisations sociales laïques et citoyennes (légitimes car portant la voix de la base, d’un grand nombre de citoyens) n’ont eu que très peu d’opportunité et de moyens pour participer aux débats ; le DSRP « 2 » peut élargir les discussions à cette catégorie ;
  • Ce point renvoie aux questions de capacité : les Organisations laïques et citoyennes à base sociale manquent souvent de ressources pour être présentes dans les cercles de consultations et d’échanges, d’éléments d’analyse pour négocier sur les politiques. Pour participer aux négociations ;
  • Questions d’intérêts en jeu : cette entrée sur le problème permet de constater que les opérateurs économiques (secteur privé marchand lucratif), les représentants des organisations religieuses, eux, ont été parfois plus présents (par exemple dans le cadre des comités interministériels élargis au secteur privé, des négociations UE-ACP, C2D, OMC, CEMAC, PPTE, contrairement aux organisations paysannes et aux organisations d’habitants). Il faut renforcer les espaces de dialogue et les structurer de manière à sortir du dualisme actuel qui les caractérise pour aller vers un dialogue à TROIS : la tri articulation.

Lorsqu’il s’agit de soulever les aspects liés à la nature de la participation dans le cadre du DSRP, à son étendue et à la profondeur –en lien aux cloisonnements constatés on note ces remarques :

  • Selon les étapes, le niveau et la nature de la participation ont évolué. Mais n’ont pas été suffisamment traités et intégrés comme tel dans le processus méthodologique. Les acteurs représentants des segments distincts de la société en sont parfois arrivés à se fondre dans des rôles confus et assimilés. Au cours de la révision du DSRP, on gagnerait donc dans l’interprétation en distinguant et en structurant les diverses phases, les types d’acteurs et leurs rôles respectifs.
  • Le niveau de participation aux stratégies sectorielles est à coupler avec le contenu du DSRP : il y a manifestement un lien entre la qualité de la participation et les ressources nécessaires. Mais ce lien n’a pas été approfondi dans le DSRP « 1 ». La rupture apparente qui s’opère dès qu’on passe du DSRP aux stratégies sectorielles et aux BIP est une des illustrations. La clé de solution durable reste la prise en compte d’alternatives de suivi d’impacts pour une meilleure appropriation.
  • En ce qui concerne la cohérence et la pertinence du document et des actions entreprises, en fonction de l’association des uns et des autres, il faut noter qu’Il y a un réel manque de mémoire institutionnelle : cela est lié en partie au feed back dans les administrations (déconcentrées et décentralisées comme centrales), dans le fait que les restitutions se font peu (y compris dans les organisations de la société civile), cela se voit notamment à travers la faible activité et efficacité des comités provinciaux de suivi du DSRP ; l’irrégularité des réunions de suivi thématique, etc.

Notons, dans ce processus le manque de prise en charge économique :

L’aspect de sortie de la pauvreté monétaire est finalement peu abordé (questions de travail, de capacité à gagner des revenus, notamment aussi en raison de la faible implication de la jeunesse…).

L’agenda des OMD couplé à la corruption a provoqué un recul en privilégiant les secteurs de la santé, de l’éducation et des investissements, au détriment des secteurs de production économique.

Il faut relever la circonscription de la société civile dans le dialogue à deux (Etat-OSCC) dans le domaine social : les stratégies macro-économiques et la question de la dette n’ont pas été largement discutées dans le cadre du premier DSRP et ont été calquées sur celles des bailleurs de fonds. Cette exclusion est-elle voulue ou non par les pouvoirs publics ? le dialogue sectoriel est toléré sur le choix des actions, mais dans la sphère des ressources, des finances, peu d’organisations de la société civile sont présentes. De fait, il s’agirait au cours du second DSRP de multiplier le travail de formation et de renforcement des capacités pour permettre que les organisations prennent davantage part aux négociations économiques et macro-économiques.

2-Une Participation mieux structurée des acteurs sociaux à la gouvernance d’Etat dans le cadre du DSRP II : pour la tri articulation Etat-OSCC-Entreprises privées;

Les nouvelles dynamiques susceptibles de transformation sociale, la dimension d’innovation sociale, ont été peu intégrées au DSRP « 1 »

Dans un premier temps,  quelques inquiétudes et un certain scepticisme :

  • Les bailleurs de Fonds ont sans doute été surpris de se retrouver dans le champ du politique au Cameroun par la question de la lutte contre la pauvreté et le DSRP. Quoi qu’il en soit, cela est d’autant plus délicat qu’on observe peu de réussite en matière de recul de la pauvreté, et des inégalités, dans les pays du Nord !... Tant mieux si tout cela suscite des dynamiques sociales… mais quant à leur viabilité, on peut émettre des doutes puisqu’on peut s’interroger sur la période durant laquelle les bailleurs de fonds vont continuer à soutenir le DSRP-là avant de changer à nouveau de « mode » ! et surtout la durabilité de leur soutien.
  • Inquiétudes face aux tendances à l’instrumentalisation des ONG par les bailleurs de fonds: les bailleurs essaient de faire avancer leurs thèses, via certaines organisations de la société civile qu’ils soutiennent, dans un débat qui  se veut pourtant national. Il y a donc besoin de diversification des interlocuteurs et des ressources des ONG pour garantir leur indépendance, et afin qu’elles dégagent le temps et les moyens nécessaires à une participation conséquente aux débats.

3-L’implication des collectifs sociaux et de la dynamique du RNHC/A2DL à toutes les étapes.

Il faut dépasser les oppositions binaires (Etat/société civile, endogène/exogène, individu/société…) et être moins dichotomiques lorsqu’on aborde ce processus. La revendication de l’implication de la décentralisation et du développement social et local, par exemple, est également vécue comme un projet profondément camerounais, porté par des organisations du pays (avec un projet propre et des bases régionales) qui y croient. Il faut que le DSRP 2 intègre mieux cette réalité.

En ce qui concerne l’émergence et la consolidation des plateformes RNHC/A2DL, on note une avancée : (Des propositions citoyennes pour moins de pauvreté et plus de démocratie locales et une parole des habitants sur la dette, la décentralisation et le développement local ont été rédigées et diffusées. Mais une faible prise en compte de leurs auteurs dans les espaces de dialogue constitue une perte en terme qualitatif pour le processus DSRP. Il est clair que les plates formes RNHC/A2DL connaissent des limites et qu’elles ne pourront pas réussir sans un soutien ou « appui » (financement et apport méthodologique) », mais les dynamiques laïques qui y sont liées le sont aussi à la décentralisation et au développement social et local et sont différentes de celles liées strictement et uniquement au DSRP car il y a moins d’argent à la clef et que les Comités consultatifs locaux ont des moyens très faibles. Les inclure au DSRP ne ferait qu’apporter les signes du local à la table des négociations.

Résumé des propositions de débouchés pour la révision du DSRP

 

  • Capitalisation, évaluation et audit transversal des programmes du DSRP « 1 » ; Prendre en compte les études sur la pauvreté et les inégalités dans la révision du DSRP i. :  De manière générale, le nouveau DSRP devrait capitaliser en priorité les acquis et expériences des stratégies sectorielles. Les plans stratégiques élaborés par la société civile, les CTD et les opérateurs du secteur marchand devraient aussi être analysés et pris en compte.
  • Poursuivre le renforcement du processus participatif dans l’élaboration du DSRP, et notamment mieux distinguer la variation de l’implication selon les différentes phases du processus (cf. lien entre nature et étendue de la participation / contenu du document et sa cohérence en fonction des étapes du diagnostique à l’exécution des actions). La vision du DSRP devrait s’appuyer sur les préoccupations des trois secteurs clés de la vie sociale, politique et économique du Cameroun : L’Etat, la Société Civile et les Opérateurs économiques. A cet effet, un accent pourrait être mis sur la précision du rôle des représentants de ces trois secteurs.
  • Continuer de préciser la notion d’ « acteurs sociaux » et d’analyser les processus de rencontre et de collaboration entre ceux-ci et l’Etat, avec une attention toute particulière pour les dynamiques sociales à l’œuvre permettant d’initier des processus de transformation sociale. Les secteurs suivants gagneraient à faire l’objet d’une plus grande attention : La Gouvernance tri articulée, le Développement social centré sur la jeunesse, le genre et les couches sociales défavorisées, la décentralisation et le développement local.
  • L’articulation avec la promotion et la défense des droits est plus évidente, mais moins présente dans le DSRP « 1 » : sinon traité simplement du point de vue de l’offre et non de la demande. Une combinaison à la fois de l’offre et de la demande est urgente dans le cadre du DSRP « 2 ». La prise en compte des impacts sociaux des mécanismes présentés renvoie à ce que certains appellent le principe de « tri articulation » 

Elargir les débats sur les questions de la dette et de la programmation du BIP

 

La convergence de la Gouvernance tri articulée, de la décentralisation, du développement social et local mène au développement durable. La croissance n’est pas une fin en soit. L’emploi n’est pas une fin en soit. Ce sont deux moyens indispensables au progrès social. En fait, les limites du DSRP sont -souvent- mises en avant, mais comment peuvent-elles effectivement devenir des opportunités ?

 

Pour ASSOAL, le RNHC et la task force A2DL,

 

Jules Dumas Nguebou

 

ASSOAL (Actions Solidaires de Soutien aux Organisations et d’Appui aux Libertés) est une ONG de droit Camerounais créée en 1998. Elle contribue au succès de la mise en œuvre du DSRP à travers des activités de suivi et d’évaluation d’impacts de quelques projets. Son approche de suivi, piloté avec du RNHC (Réseau National des Habitants du Cameroun, crée en 1999) et appuyé par la mise en place d’une task force : A2DL (Alternatives Dettes et Développement Local, depuis 2006)  est centrée sur le Plaidoyer pour la prise en compote du secteur de développement social, la participation des habitants au cycle du DSRP.

 

Chers lecteurs, nous venons par la présente apporter un rectificatif suite à la publication il y a quelque temps du document intitulé « contribution d’ASSOAL, du RNHC et de A2DL à la révision du DSRP au Cameroun». Lors de cette rédaction, les auteurs ont repris largement le compte rendu du travail réalisé par le réseau IMPACT sur les politiques publiques au Mali et se sont inspirés de ses analyses. Ils ont omis de signaler cette source importante. Au nom du groupe ASSOAL, RNHC et A2DL, nous présentons sincèrement nos excuses au Réseau Impact. Nous invitons également les lecteurs et les partenaires qui voudraient avoir l’intégralité du texte de base signé par le réseau IMPACT à le télécharger en fichier joint. Ou sur le site web : www.impact.org

 

Pour le groupe de travail A2DL Cameroun

 Jules Dumas Nguebou
Dernière mise à jour : ( 08-03-2007 )
 
< Précédent   Suivant >